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13 septembre 2021

Copenhague: entretien avec Marie Andersen, directrice des Éditions Palomar

Auteur:
par Raffaello Barbieri, directeur de l'Institut culturel italien de Copenhague

Pouvez-vous nous parler brièvement de votre maison d’édition et nous expliquer comment vous choisissez les titres italiens à présenter aux lecteurs danois ? 

Palomar est une petite maison d’édition danoise indépendante fondée en 2015 avec l’ambition de publier de la littérature italienne de haute qualité. Dans les années qui ont suivi, nous nous sommes également ouverts à des œuvres dans d’autres langues européennes, si bien qu’aujourd’hui nous publions de la littérature russe, allemande, irlandaise, suédoise et autrichienne. Parmi les écrivains italiens que nous avons publiés, je peux citer : Michela Murgia, Melania G. Mazzucco, Nicola Lagioia, Paolo Cognetti, Leonardo Sciascia, Helena Janeczek, Anna Maria Ortese. Mais aussi d’autres écrivains tels que : Svetlana Aleksijevitj (Belarus), Sergej Lebedev, Anna Akhmatova (Russie), Anna Burns (Irlande), Steve Sem-Sandberg (Suède), Terézia Mora (Allemagne), Friederike Mayröcker (Austrai), Mircea Cartarescu (Roumanie). 

Nous choisissons des auteurs et des titres qui nous semblent susceptibles d’intéresser nos lecteurs. Le critère que nous suivons est toujours de publier des œuvres qui ont une réelle valeur littéraire. Et c’est l’éditeur seul qui choisit. Il est généralement difficile de présenter l’œuvre d’un écrivain étranger. Il est essentiel que la langue et le pays que nous présentons soient connus du lecteur, tout comme une présence italienne au niveau universitaire est certainement importante. Malheureusement, de nombreuses langues, dont l’italien, ont subi une réduction catastrophique du nombre d’étudiants dans les écoles secondaires et les universités au cours des 20 dernières années.

 

Vous souvenez-vous de livres ou d’auteurs italiens qui ont connu un grand succès littéraire au Danemark du point de vue de la critique et des ventes ?

Antonio Pennacchi (Canale Mussolini), Umberto Eco, Elena Ferrante …

 

Les prix littéraires italiens et les foires internationales du livre jouent-ils un rôle dans vos choix d’édition ?

La Foire du livre de Turin était et reste un lieu de rencontre important pour les maisons d’édition et les agents littéraires italiens. De même, « Più libri, più liberi », à Rome, joue un rôle important dans les contacts entre les différents pays. Les prix Campiello et Strega ont une certaine influence, mais pas une influence décisive. 

 

Quelle est l’importance des universités, des centres de traduction et des instituts culturels ? Les italianistes danois et les traducteurs de l’italien vers le danois sont-ils un point de référence lorsqu’il s’agit de choisir des titres italiens à publier ?

L’université, comme je l’ai dit, est importante, même si l’enseignement des langues étrangères a été fortement réduit au Danemark ces dernières années. L’Institut culturel italien a une grande importance en tant que vitrine où sont présentés les jeunes ou nouveaux écrivains italiens auxquels il est souvent difficile d’attirer l’attention du public par d’autres moyens. Les traducteurs peuvent parfois jouer un rôle dans la proposition de titres, mais seulement jusqu’à un certain point. Personnellement, je n’ai jamais demandé l’avis de traducteurs italo-danois.

 

Comment expliquez-vous le grand succès de la littérature policière italienne au Danemark ?

Cela est probablement dû au fait que la littérature italienne est considérée comme « exotique », tout comme la littérature des pays nordiques est considérée comme « exotique » en Italie.

 

Inversement, quelle est la raison de la quasi-absence de poètes italiens traduits en danois ?

La poésie en général joue un rôle très marginal au Danemark.

 

Un commentaire final…

Le Danemark, avec ses 5,5 millions d’habitants, est une réalité linguistique très réduite, c’est pourquoi il est très difficile de vendre suffisamment d’exemplaires d’un livre pour justifier sa publication.