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30 septembre 2026

Les Vingt-trois jours de la ville d’Alba : le premier livre de Fenoglio publié en allemand

Auteur: Edoardo Costadura et Olaf Müller

<i>Les Vingt-trois jours de la ville d’Alba</i> :  le premier livre de Fenoglio publié en allemand

Beppe Fenoglio : Die 23 Tage der Stadt Alba. Erzählungen. Édité et traduit de l’italien par Edoardo Costadura, Charlotte Eggers, Marco Menicacci, Olaf Müller, Simone Rude, Sandra Stuwe, Berlin : Klaus Wagenbach, 2026.

Au commencement, il y avait Marisa Fenoglio. La sœur de Beppe Fenoglio vivait à Marbourg depuis les années 1960 et son salon donnait sur l’Institut de philologie romane de l’université. Peu après son arrivée dans cette ville universitaire de Hesse, elle avait pris contact avec les professeurs de l’Institut chargés de la littérature italienne afin de les sensibiliser à l’œuvre littéraire de son frère. Le département de philologie romane de Marbourg se révéla manifestement un environnement particulièrement propice à cet objectif, puisque dès les années 90, le professeur Bodo Guthmüller s’engagea intensément dans la diffusion de l’œuvre de Fenoglio dans l’espace germanophone, comme en témoignent de nombreux essais et une exposition consacrée à Fenoglio et à la Résistance. Lorsque Olaf Müller arriva à l’université de Marbourg en 2017, Marisa Fenoglio le contacta immédiatement, suscitant à nouveau un grand enthousiasme. À l’époque, seuls deux textes de Fenoglio traduits dans leur intégralité étaient disponibles en allemand (Una questione privata – publié en allemand en 1968 sous le titre Eine Privatsache – et La paga del sabato – publié en allemand en 1971 sous le titre Eine feine Methode, tous deux traduits par Heinz Riedt, qui était d’ailleurs le traducteur de Primo Levi). C’est ainsi qu’a pris forme l’idée de traduire le premier ouvrage de Fenoglio, à savoir I ventitre giorni della città di Alba, jusqu’alors inédit en allemand dans sa version originale (le choix opéré par Moshe Kahn, toujours pour Wagenbach, en 1997, consistait à séparer quatre nouvelles des Ventitre giorni pour les associer à deux textes issus d’autres recueils posthumes), et d’impliquer dans ce projet deux autres instituts de philologie romane, à savoir celui d’Iéna (Edoardo Costadura) et celui de Constance (Marco Menicacci).

Le corpus des Ventitre giorni a été réparti entre les trois instituts, et au cours de l’année universitaire 2018/2019, des séminaires de traduction ont eu lieu sur les trois sites, au cours desquels les étudiants ont traduit et discuté une partie des textes. Puis, en avril 2019, les trois délégations se sont réunies à Alba pour discuter du travail accompli jusqu’alors, bénéficiant de l’accueil généreux de la Fondation Ferrero et du Centre d’études Fenoglio. Le parrainage de Marisa Fenoglio et de son mari Giuseppe Faussone a joué un rôle décisif à cet égard : grâce à eux, la Fondation Ferrero a mis gratuitement à disposition un autocar avec chauffeur, permettant au groupe de se rendre sur certains lieux liés à Fenoglio dans les environs d’Alba (Valdivilla, le Pavaglione, San Benedetto, Mango). Pendant deux jours entiers, les étudiants et les enseignants ont été accueillis à la Fondation Ferrero, où ils ont pu travailler dans les salles de conférence attenantes à la bibliothèque. Les autres jours, les séances se sont tenues au Centre d’études Beppe Fenoglio.

Les travaux se sont déroulés selon deux modalités : d’une part, chaque groupe a procédé à la traduction des textes qui lui étaient attribués ; d’autre part, des « créneaux » ont été consacrés au dialogue avec les autres groupes, afin de comparer et de mettre en commun les méthodologies, les expériences et les résultats. Malheureusement, le temps n’a pas suffi pour finaliser un premier document commun.

Pendant plusieurs semestres, le travail s’est poursuivi séparément sur les trois sites, non sans difficultés ni interruptions dues à la fluctuation inévitable du nombre d’étudiants participant aux cours, aux différents engagements des enseignants, au transfert de l’un des enseignants de Constance à Saint-Gall (Menicacci), et, au cours de la période 2020/2021, aux diverses restrictions liées à la pandémie de Covid-19.

Le travail a repris en 2024 avec un groupe restreint comprenant les quatre enseignants responsables (Edoardo Costadura, Marco Menicacci, Olaf Müller, Sandra Stuwe) ainsi que deux étudiantes déjà présentes à Alba en 2019 et devenues entre-temps elles-mêmes enseignantes et chercheuses (Charlotte Eggers, Simone Rude). Les très nombreuses séances de travail en commun se sont déroulées en ligne via Zoom.

En l’espace d’un an et demi, la traduction de l’intégralité du corpus a été achevée ; tous les textes ont été révisés et retravaillés en commun.

Lors de la traduction, les éditeurs se sont conformés au principe de la traduction « orientée vers la source », en s’efforçant autant que possible de transposer en allemand le style particulier de Fenoglio : sa concision, la coexistence du langage parlé et du langage savant, parfois solennel, le caractère singulier et parfois brusque de certaines de ses images et métaphores, son humour oscillant entre le carnaval populaire et la litote britannique (on pense notamment à l’incipit de la nouvelle inaugurale et éponyme du recueil).

L’ouvrage est complété par une postface des éditeurs ainsi que par un glossaire.

Edoardo Costadura et Olaf Müller

 

<i>Les Vingt-trois jours de la ville d’Alba</i> :  le premier livre de Fenoglio publié en allemand
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