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Le livre italien dans le monde

ApprofondissementsEn traduction

François Pétarque en traduction

Auteur: Sara Fazion (Università di Bologna)

14/05/2020

François Pétarque en traduction

Intellectuel cosmopolite et modèle poétique universel, François Pétrarque est aujourd’hui lu à travers le monde, comme en témoignent, ces dernières années, les nombreuses traductions dans les principales langues étrangères des Rerum vulgarium fragmenta et de ses œuvres latines. 

 

La France se signale par la grande vivacité de ses initiatives. On sait que la réception des œuvres du poète y fut précoce et Pétrarque vécut durant des années dans le Midi. À ce titre, on ne peut manquer d’évoquer la récente édition-traduction des Œuvres aux Belles Lettres. Elle contient : l’Afrique en deux volumes (2006 et 2018), le Chansonnier (2009) – traduit à partir du texte établi par G. Savoca – et la Correspondance, ou, si l’on préfère les Lettres familières, traduites à partir du texte de V. Rossi et de l’édition de U. Dotti, et les Lettres de vieillesse (2002-2015), à partir de l’édition de E. Nota. En revanche, C. Carraud a publié en français La vie solitaire (1999), Mon ignorance et celle de tant d’autres (2000), Le repos religieux (2000), Les remèdes aux deux fortunes (2002) et l’Itinéraire de Gênes à Jérusalem (2002) pour la maison d’édition Millon (Grenoble). En outre, R. Lenoir a commis la traduction du Sans titre chez le même éditeur en 2003. 

 

L’Espagne ne fut pas en reste quant à la fortune des œuvres de Pétrarque puisque les poésies du Chansonnier s’y diffusèrent en langue originale jusqu’au XVIème siècle avant de faire l’objet de réécritures, puis de traductions. Les rééditions et retirages nombreux des principales traductions des années 1980 démontrent l’intérêt du public espagnol pour le Chansonnier. Il faut citer in primis A. Crespo qui, en 1983, publia chez Orbis-Origen Sonetos y Canciones et le Cancionero chez Bruguera (puis Ediciones B, 1988 ; Alianza Editorial 1995 ; Círculo de Lectores, 1998), réédité ensuite chez Planeta De Agostini (Cancionero, sonetos y canciones, 2003, avec l’association des titres originaux) et chez Alianza Editorial (Cancionero, 2008). La traduction du Chansonnier de J. Cortines, établie à partir du texte de Contini et parue chez Cátedra en 1989, a connu de nombreuses rééditions jusqu’en 2006. En 2002, en revanche, les Sonetos del Cancionero, publiés à l’origine en 1976 (Bosch, Collección « Erasmo Textos bilingües ») ont été réédités jusqu’en 2002. De même pour El cancionero : edición bilingüe (Ediciones 29, 1992) dans la traduction de A. Pentimalli. Pour les autres écrits, outre aux Obras, Prosa par F. Rico (1978), il faut mentionner en particulier la traduction La medida del hombre : remedios contra la buena y mala suerte par J. M. Micó (1999). 

 

Les récentes traductions de Pétrarque en allemand ont également reçut un bon accueil. On pense au volume Canzoniere, Triumphe, Verstreute Gedichte par K. Förster et H. Grote (Düsseldorf-Zürich, 2002). Dans l’attente de l’édition annoncée par la Commission pour l’Édition Nationale des écrits de Pétrarque, les Epistulae metricae. Briefe in veren (Würzburg, Königshausen & Neumann), publiées en 2004, sont toujours d’une grande utilité et d’une grande richesse de détails. Toujours en 2004, sont sortis les Psalmen und Gebete (Augsburg, ERV) et le Secretum meum chez Excerpta Classica (Mainz, DVB). C’est cette dernière collection qui a accueilli en 2007 la traduction de l’Africa

 

Toujours en Europe, des traductions ont été préparées en République Tchèque (Mé tajemství. O tajném střetu mých myšlenek, Praha, 2004), en Pologne (O niewiedzy własnej i innych. Listy wybrane, Gdansk, 2004; Drobne wiersze włoskie, Gdansk, 2005) et au Danemark (Canzoniere, eller Sangenes bog, København, 2005). 

En Angleterre, on retrouve surtout un large choix de traductions du Chansonnier très souvent rééditées. On pense aux travaux de J. W. Cook (Petrarchʼs songbook, italian text by G. Contini, Binghamton, 1995) et M. Musa (The Canzoniere, Bloomington, Ind., 1996). Suivirent la traduction de J. G. Nichols (Canzoniere, Manchester, 2000) et  le texte en Open Access de A. S. Kline.

De nombreuses oeuvres de Pétrarque ont été traduites en anglais grâce à des collaborations internationales comme celles de la mission de I Tatti, The Harvard University Center for Italian Renaissance Studies: signalons la traduction des Invectives par D. Marsh (2003), l’anthologie Selected letters d’E. Fantham (2017) et My secret book dans la traduction de N. Mann (2016). À côté de cette initiative, d’autres traductions existent : My secret book, London, 2002, par J. G. Nichols, The Secret, Boston-New York, 2003, par C. E. Quillen, et  A Middle English translation from Petrarch’s Secretum, Oxford, 2018, par E. Wilson. Les traductions par A. S. Bernardo et R. A. Bernardo des Lettres familières (Letters on familiar matters, 1975-1985, et des Lettres de vieillesse (Letters of Old Age, 1992), réimprimées à de nombreuses reprises par les John Hopkins University Press, sont fondamentales pour le public anglophone. Il faut signaler enfin la très riche édition-traduction Petrarchʼs Guide to the Holy Land: Itinerary to the Sepulcher of Our Lord Jesus Christ (Notre Dame, Ind., 2002) de T. J. Cachey Jr.

La récente traduction chinoise du Chansonnier par L. Guoqing (2002) et celle en japonais des Triomphes par K. Ikeda (2004) – qui ont été publiées grâce à la collaboration du Comité Nazionale per les Célébrations du VIIème centenaire de la naissance de Pétrarque – atteste de l’intérêt général pour la parole du poète dans le monde asiatique. 

Mais il ne s’agit ici que d’une ébauche. En élargissant à d’autres langues l’enquête sur les traductions des oeuvres de Pétrarque, on trouvera la confirmation de l’intérêt toujours vif de la demande internationale pour le grand poète, auteur du Chansonnier et de bien d’autres écrits.

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