entretiens
26 août 2026

Mario Capello (Einaudi Stile Libero) au Paris Book Market

Auteur: Paolo Grossi

Mario Capello (Einaudi Stile Libero) au Paris Book Market

La cinquième édition du Paris Book Market, le seul marché professionnel international et généraliste de l’édition en France, s’est récemment tenue à Paris. Y ont participé les responsables des droits étrangers des maisons d’édition françaises ainsi que des centaines d’éditeurs étrangers, venus des quatre coins du monde. Parmi les Italiens présents, Mario Capello (éditeur chez Einaudi Stile Libero), à qui nous avons posé quelques questions.

 

Inséré dans le calendrier international de l’édition, entre le Salon du livre de Londres (mars) et celui de Francfort (octobre), le Paris Book Market aspire à s’imposer comme un troisième pôle sur le grand marché mondial des droits d’auteur. Que pensez-vous de cette initiative qui, n’étant liée à aucune foire destinée au grand public, n’a pas d’équivalent précis en Italie ?

Mon avis sur le Paris Book Market, et plus généralement sur les événements organisés par France Livres (une organisation capable de créer une véritable cohésion et de véhiculer une image nuancée mais cohérente de l’édition française), est très positif.

Son caractère intimiste, loin du grand public, permet une plus grande concentration, et son calendrier donne l’occasion d’évoquer les livres de la Rentrée, qui reste à ce jour l’événement le plus important de l’année éditoriale au-delà des Alpes.

 

Quelles particularités (s’il y en a…) le contexte éditorial français vous semble-t-il présenter par rapport à celui de l’Italie ?

Cette question mériterait vraiment beaucoup d’espace. Je vais essayer d’en faire une synthèse, et je tiens à souligner qu’il s’agit toutefois d’une impression subjective. Pendant de nombreuses années, le marché français a eu une taille telle, par rapport à celui de l’Italie, qu’il a permis d’exprimer des voix et des genres qui, en Italie, ne peuvent être que de niche et sont, par conséquent, souvent marginalisés. Cela a engendré un rapport différent des auteurs avec l’écriture, a changé leur regard, leur approche. Si l’on ajoute à cela l’allure et le prestige tout à fait particuliers que le livre et l’écriture ont en France (il suffit de penser à des institutions comme l’Académie française), on comprend pourquoi il existe, chez les écrivains français et leurs éditeurs, un degré considérable de liberté et de courage. Non pas que le conformisme et les modes y soient absents, bien sûr. De temps à autre, lorsqu’on y puise, on a l’impression que certains auteurs et autrices français écrivent davantage pour leurs pairs que pour le public, avec tout ce que cela implique. Depuis quelques années, l’édition française connaît elle aussi un ralentissement et, par conséquent, le marché – ainsi que l’imaginaire – sont en train de changer, soit dit en passant. Nous verrons dans quelle direction.

 

Quelle place occupe, dans le cadre de votre travail, la relation avec le monde de l’édition français ?

Stile libero s’est, dès le début, concentré sur la littérature américaine et anglophone, mais la littérature française a toujours été présente (nous sommes les éditeurs de Fred Vargas, par exemple). Je dirais que le marché français est un espace que nous observons avec intérêt, en essayant d’y dénicher régulièrement des livres de valeur.

 

Pouvez-vous d’ores et déjà donner aux lecteurs de newitalianbooks quelques indications sur les acquisitions que vous avez pu mettre en chantier à l’occasion de cette édition du Paris Book Market ?

Pas encore. Les délais éditoriaux ne me le permettent pas pour l’instant.

 

Enfin, profitons de cette interview pour vous demander comment s’articule en son sein Stile Libero, qui ne constitue plus depuis longtemps une simple collection, mais un véritable « espace autonome » au sein de la maison d’édition Einaudi ?

Depuis sa création, Stile Libero a toujours eu une structure particulière, plus « libre », si l’on veut, dans laquelle tous les éditeurs participent à la conception et à l’élaboration du programme éditorial, par exemple, et où les échanges sont permanents. Cela tient également à la nature hybride de la collection, qui regroupe à la fois de la fiction – italienne et étrangère –, des essais et des ouvrages divers. En somme, « Stile libero » est née ainsi et continue d’être ainsi : un peu anarchique, mais très efficace.

 

Mario Capello (Einaudi Stile Libero) au Paris Book Market
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