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3 juin 2026

Entretien avec Stefania Graziano, fondatrice et directrice du Festival franco-italien de littérature et de culture de Bordeaux

Auteur: Paolo Grossi

Entretien avec Stefania Graziano,  fondatrice et directrice du Festival franco-italien de littérature et de culture de Bordeaux

La septième édition du Festival franco-italien de littérature et de culture s’est achevée ces derniers jours à Bordeaux. Nous en parlons avec la fondatrice et directrice du festival, Stefania Graziano.

 

Quelles ont été les nouveautés de cette septième édition du Festival ? Quels événements ont été les plus marquants ?

La grande nouveauté de cette édition du festival a sans aucun doute été la participation à l’émission radiophonique « La lingua batte » de Radio Rai 3, animée par l’écrivain et conseiller littéraire du festival, Paolo Di Paolo. Les invités Yari Selvetella, Carla Maria Russo, Nino Cannatà et Corrado De Rosa ont discuté avec Paolo Di Paolo des « Parole Tradite ». L’interview, qui s’est déroulée devant un public nombreux et attentif dans le magnifique amphithéâtre de la bibliothèque centrale de Bordeaux, a été enregistrée et diffusée lors de l’émission du dimanche 26 avril. Elle est aujourd’hui disponible en podcast.

Parmi les événements les plus marquants, il faut certainement citer la projection de films et de documentaires dans les cinémas des villes participant au festival, avec une attention particulière pour les films inédits, sous-titrés en français pour l’occasion par notre association. Cette année, c’était au tour de « L’île des idéalistes » d’Elisabetta Sgarbi, un film qui a remporté un vif succès.

Adapté du roman de Giorgio Scerbanenco, ce film nous a également permis d’évoquer la littérature noire italienne.

Une autre nouveauté, qui, nous l’espérons, aura une suite, est la tenue de rencontres entre certains de nos invités et des élèves du secondaire. Ces rencontres, en présence des enseignants et de quelques membres de l’association Notre Italie, se déroulent dans les salles de classe où se tiennent habituellement les cours.

Les échanges ont été très enrichissants et les élèves ont exprimé le souhait d’organiser régulièrement des rencontres intergénérationnelles avec les membres de Notre Italie.

 

Les partenaires du festival sont-ils principalement publics ou privés ? Plus précisément, l’interaction avec les institutions municipales a-t-elle donné des résultats positifs ?

Les partenaires du festival sont principalement publics. Aux institutions locales qui nous soutiennent depuis la création du festival – Bordeaux Métropole, la ville de Bordeaux, Talence, Gradignan et Latresne – se sont joints, pour la deuxième année consécutive, le Cepell (Centre pour le livre et la lecture), ainsi que l’Institut culturel de Marseille et, depuis cette année, celui de Paris. Les interactions avec les institutions municipales sont indispensables et très intéressantes. Disposer de salles municipales, de bibliothèques et d’autres lieux publics permet au festival de mieux s’intégrer au paysage culturel local, tout en créant des échanges et des synergies. De plus, le festival se déroulant sur plusieurs communes de la Métropole, le public se déplace et fréquente des lieux, même s’ils ne sont pas très éloignés, où il n’aurait pas l’occasion d’aller autrement.

 

Dans l’ensemble, êtes-vous satisfaite du résultat de cette édition du festival ? La réponse du public a-t-elle été à la hauteur de vos attentes ?

Tant nous, les organisateurs, que le public et les invités, sommes très satisfaits de cette édition qui a confirmé la place du festival parmi les rendez-vous culturels français de premier plan. L’événement prend de l’ampleur et le mérite en revient aussi aux médias qui nous consacrent de plus en plus d’espace. Outre l’émission « La lingua batte » déjà mentionnée, je pense par exemple à certains articles parus dans des quotidiens locaux et nationaux.

Le public a été nombreux et surtout très réceptif aux événements proposés. En France, pays centralisé, on se tourne souvent vers Paris pour de nombreux événements culturels et, jusqu’à il y a quelques années, également pour tout ce qui concernait l’Italie. Il existe donc de nombreuses villes d’un grand intérêt et la culture italienne, sous toutes ses facettes, s’invite de plus en plus. Je crois que Bordeaux, qui, jusqu’à récemment, pouvait sembler éloignée de l’Italie – et pas seulement géographiquement –, est de plus en plus sensible à notre pays, à ses tendances, à ses goûts, à ses spécialités et à ses richesses. Je peux dire que le festival, ainsi que l’association Notre Italie qui en est à l’origine, ont contribué à faire connaître une Italie plus authentique et loin des stéréotypes.

 

Projets et programmes pour l’année prochaine… ?

L’édition de l’année prochaine se tiendra également en avril, mais les dates restent à confirmer. Ce sera toujours un festival itinérant et, aux lieux déjà connus s’ajouteront d’autres avec lesquels nous avons noué des relations. Parmi les nouveautés sur lesquelles nous travaillons, l’une mérite sans aucun doute une attention particulière. Le festival fera étape en Italie où il présentera des auteurs français. Première date en juin de cette année, le 23, à l’Institut Français de Florence pour la présentation de l’écrivain Pierre Adrien.

Le festival mettra également l’accent sur la question de la langue, un sujet auquel il avait consacré une large place lors des premières éditions. Il sera question de la langue italienne mais aussi des nombreuses autres langues qui font la richesse de notre pays.

 

Entretien avec Stefania Graziano,  fondatrice et directrice du Festival franco-italien de littérature et de culture de Bordeaux
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